Fondation Moi pour Toit
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Les enfants de Moi pour toit ont besoin de vous !
Par: Fondation Moi pour Toit
Dans:Presse
Le 22 Oct 2011

HUMANITAIRE > La fondation créée en 1987 par Christian Michellod doit trouver 3200 francs par jour. Deux soirées de soutien ont lieu les 4 et 5 novembre à Martigny.

“Je suis tombé enceint de la Colombie, de ses gens et de ses enfants en 1975. Douze ans après, j’accouchais de Moi pour toit”, lance Christian Michellod, créateur de cette institution valaisanne. L’homme évoque l’origine de sa démarche humanitaire à l’occasion des galas de soutien de la fondation, qui auront lieu les 4 et 5 novembre prochain à Martigny (voir encadré).

Ces deux soirées de soutien sont vitales pour la fondation qui ne bénéficie d’aucune subvention et ne cesse de croître depuis sa naissance en 1987. Le budget a ainsi passé de 20 000 francs à sa création à un million aujourd’hui. Pour vivre, la fondation a besoin de 3200 francs par jour. “Pour l’instant, nous avons toujours trouvé le financement”, note Christian Michellod qui croise les doigts.

Depuis trente-six ans, ce journaliste sportif valaisan n’a jamais failli à son amour pour la Colombie et ses enfants en difficultés. Son coup de coeur pour le pays remonte donc à 1975. “C’est une histoire de regard. J’étais en Colombie pour un long voyage en train. Le wagon s’est soudain arrêté en pleine campagne. J’ai aperçu une petite fille blonde, nue, l’air abandonné. Elle m’a lancé un regard que je n’ai jamais oublié. Cela a duré deux minutes, mais ce regard est toujours en moi.”

Des années plus tard, Christian Michellod crée Moi pour toit pour aider les petites prostituées de Colombie à s’en sortir. “Nous avons d’abord mis en place une maison pour douze filles de 10 à 12 ans. Aujourd’hui, nous nous occupons de 180 enfants à plein temps”, poursuit-il. Si elle a crû de façon impressionnante au fil des ans, la fondation n’en a pas perdu pour autant son approche très humaine et personnelle sur le terrain. “Je connais chaque enfant que l’on aide. C’est une personne à part entière; nous suivons tous les enfants par la suite.”

Ainsi Christian Michellod raconte-t-il par exemple avoir eu des nouvelles d’une des anciennes pensionnaires de Moi pour toit, actuellement au Chili. “C’est une jeune femme qui a la trentaine aujourd’hui et qui était venue à la fondation à l’âge de 10-11 ans après s’être lancée dans la prostitution”, explique-t-il.

Des histoires émouvantes

Le Valaisan avait été particulièrement touché par le tragique destin de cette fillette. “Elle avait failli être assassinée par sa mère qui lui avait fait boire de l’acide quand elle venait de naître. Elle a passé quatre ans à l’hôpital; depuis lors, elle doit vivre avec un oesophage en plastique.” Grâce à son passage à la fondation dans son enfance, cette jeune fille est sortie de la prostitution. Elle a même recommencé ses études pour devenir psychologue. “Elle a ensuite travaillé quatre-cinq ans à la fondation, puis je n’ai plus eu de nouvelles d’elle, jusqu’à la semaine passée où je l’ai retrouvée au Chili. Elle va mal, car son oesophage a sauté.”

“Papa Christian” – c’est ainsi que tous les enfants de Moi pour toit surnomment le journaliste – a donc décidé d’agir pour aider cette ancienne pensionnaire. Logique. Pour cet homme généreux, le hasard n’existe pas dans la vie. “Les rencontres n’arrivent pas par hasard. Il faut avoir l’esprit ouvert et saisir les opportunités.”

Le hasard n’existe pas

Sa rencontre avec Laura Chaplin, la petite-fille du célèbre Charlie Chaplin et marraine de Moi pour toit, en est aussi une jolie illustration. Alors que Christian Michellod devait partir en Colombie en novembre 2010, il était bloqué à Genève à cause de fortes chutes de neige. Dans un café, il fait alors la connaissance d’une dame qui lui parle de Laura Chaplin au fil de la conversation. “Elle m’a donné la carte de visite de Laura qu’elle avait reçue la veille”, raconte Christian Michellod. A son retour de Colombie, il prend contact avec la jeune artiste, née l’année même de la création de Moi pour toit. Encore un signe sans doute. “Tandis que je lui expliquais le fonctionnement de la fondation, j’ai senti qu’elle crochait tout de suite. Elle a été d’accord d’en devenir la marraine.”

Depuis 1987, Christian Michellod s’investit sans compter pour la fondation. Il n’a jamais envisagé d’arrêter son action. “Moi pour toit, c’est ma vie; c’est ce qui me fait lever me le matin.” Un engagement familial puisque sa femme est partie prenante de l’aventure depuis le début.

Si Christian Michellod est conscient de ne pas pouvoir sauver tous les enfants de Colombie, il ne cesse de répéter que chaque vie sauvée compte. “Il est comme un homme qui marche au bord de l’eau. Avec le flux et le reflux, des crabes se retrouvent sur la plage. L’homme en ramasse certains et les remet à l’eau. Il sait qu’il ne pourra pas tous les ramasser, mais il en aura sauvé quelques-uns.” Christian Michellod, un homme dont l’engagement fait bien souvent des miracles.

Christine Savioz
Le Nouvelliste

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