Fondation Moi pour Toit
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Elle est l’une des femmes sauvées par Moi pour Toit
Par: Fondation Moi pour Toit
Dans:Presse
Le 24 Nov 2017

FRANCIA LORENA JARAMILLO La fondation créée par Christian Michellod, qui a fêté ses 30 ans à Martigny, a accueilli plus de 10 000 enfants en Colombie. Lorena, 39 ans, a été l’une des premières.

Elle n’a pas pu résister à publier la photo d’elle et son fils dans les rues de New York sur Facebook. Francia Lorena Jaramillo (39 ans), originaire de Pereira, en Colombie, attendait ce moment depuis deux ans. «Il ne pouvait pas venir à cause de papiers.» Retrouver son fils dans la ville où elle rêvait de vivre est la cerise sur le gâteau pour cette femme au parcours chaotique. «Je dois beaucoup à la Fondation Moi pour Toit. Elle m’a appris les valeurs qui m’accompagnent encore aujourd’hui», a raconté Francia Lorena Jaramillo dans le livre publié pour célébrer les 30 ans de la fondation créée par le Martignerain Christian Michellod.

Sa mère lui a fait avaler de l’acide 

Francia Lorena Jaramillo est l’une des douze premières jeunes filles à avoir été accueillies par le premier foyer fondé par Moi pour Toit à Pereira. Et aussi l’une des 10000 enfants hébergés par la Fondation Moi pour Toit depuis sa création. «Lorena est arrivée chez nous complètement détruite, à 11ans», se souvient Christian Michellod. La jeune fille vivait dans la rue et vendait son corps pour survivre.

Toute sa courte vie, elle a déjà subi des maltraitances à la chaîne. Sa mère lui fait avaler de l’acide quand elle a 1 an. Hospitalisée d’urgence, Francia Lorena Jaramillo a dû se faire remplacer l’œsophage par un tube digestif en plastique. Placée ensuite chez sa grand-mère, elle a été battue, méprisée, violentée. Elle n’a trouvé d’autre solution que la fuite dans la rue. C’est là qu’elle a été récupérée par les services sociaux de Pereira qui l’ont conduite dans la maison de Moi pour Toit. «C’était le premier foyer pour les adolescentes. Rien de tel n’existait à Pereira avant», raconte Christian Michellod. La jeune fille y est restée jusqu’à ses 18 ans. «Là, j’ai connu l’amour des éducatrices qui pleuraient avec moi quand j’étais triste ou qui m’engueulaient quand c’était nécessaire. La fondation a été la première à croire en moi», confie Francia Lorena Jaramillo.

La première diplômée de sa famille 

Pendant son séjour au foyer, l’adolescente découvre un conte valorisant l’école et les études, montrant que «c’est le seul chemin pour s’en sortir». «J’y ai cru.» Elle décide alors de passer un bachelor en psychologie en Colombie. Puis elle réussit un master en sciences de l’éducation au Chili. «Je suis fière d’être la première diplômée de ma famille depuis plusieurs générations.»

C’est grâce à ses études au Chili qu’elle obtient un visa pour les Etats-Unis, l’un de ses souhaits les plus chers. Son espoir pour trouver un travail. Mais le chemin est encore long, car Francia Lorena Jaramillo est aujourd’hui «une immigrée sans papiers» dans le pays de Donald Trump. «En plus, il y a la barrière de la langue.» La Colombienne suit ainsi des cours intensifs d’anglais pour pallier ses lacunes en anglais et pouvoir décrocher du travail. «Je lui ai proposé de venir en Suisse aux 30 ans de la fondation, mais elle n’a pas osé sortir du pays par peur de ne plus pouvoir y rentrer ensuite à cause de Trump», explique Christian Michellod.

Elle garde des contacts avec «papa Christian» 

Le fondateur de Moi pour Toit appelé «papa» par tous les enfants de la fondation a cependant des contacts avec elle régulièrement. «On se parle via Facebook. Les réseaux sociaux auront permis de retrouver beaucoup de personnes qui ont passé par nos foyers.» L’histoire de Francia Lorena Jaramillo reste marquée en lui, comme celle des onze autres jeunes filles hébergées dans la première maison. «A l’époque, je ne savais pas où toute cette aventure allait nous mener. Je me souviens de tous les enfants accueillis depuis lors, mais encore plus des douze premières pensionnaires», confie Christian Michellod.

Quand il regarde le parcours de Francia Lorena Jaramillo, il avoue qu’il donne un sens à son combat pour aider les enfants de la rue à Pereira. «Pour des personnes comme Lorena, je repars pour trois cents ans de lutte», sourit-il.

Moi pour Toit: la moitié du budget est trouvée, mais rien n’est gagné

Lors des 30 ans de Moi pour Toit le week-end dernier à Martigny, le créateur de la fondation Christian Michellod, qui avait lancé un cri d’alarme sur les finances, a annoncé que la moitié du budget a été trouvée. «Nous avons pu sauver l’école et le foyer pour adolescents à Pereira. Mais nous devons fermer le foyer pour adolescentes; les jeunes filles hébergées rejoindront le foyer mixte.» La fondation cherche encore de quoi boucler le budget d’un million. «Si dans les six mois, nous sommes dans cette même situation, nous fermerons le foyer de garçons. Les dons sont donc les bienvenus.» Infos sur www.moipourtoit.org

Le Nouvelliste du 20 novembre 2017 par Christine Savioz (PDF)

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