Fondation Moi pour Toit
Fondation Moi pour Toit

Nos médias

Ensemble, c’est tout!
Par: Fondation Moi pour Toit
Dans:Presse
Le 19 Août 2017

En 2017, la fondation Moi pour Toit fête ses 30 ans de lutte en faveur des enfants nécessiteux de Pereira en Colombie. Au début des années 90, papa Christian avait ouvert un foyer pour douze petites filles en danger d’exploitation sexuelle, âgées de 10 à 12 ans. Aujourd’hui, ce sont des mères de famille qui approchent de la quarantaine. En novembre prochain, un livre racontera leur histoire qui est celle de Moi pour Toit.

Vous pouvez déjà réserver votre exemplaire au prix de souscription de
20 francs (au lieu de 30 francs), à verser sur le CCP 19-720-6, Fondation Moi pour Toit, 1920 Martigny, mention «Livre».

Ensemble, c’est tout!

« Nous sommes cinq frères et sœurs. L’aîné est à l’armée et les deux petits ont été adoptés. Mais on ne sait pas où ils sont parce que les bonnes sœurs qui s’en sont occupées ne veulent pas nous donner les adresses.»

«On était très pauvres. Papa et maman vendaient de la drogue pour pouvoir nous nourrir. On vivait dans une chambre jusqu’à ce que la police sorte nos affaires dans la rue, parce qu’on ne pouvait plus régler le loyer.»

La fille qui avait parlé s’appelait Yoryineth. Elle avait 15 ans et de grands cheveux bouclés. Celle qui avait enchaîné était sa sœur Luisa. Plus jeune d’une année, elle avait toujours un large sourire lorsqu’elle parlait. Toutes deux logeaient au foyer Moi pour Toit et la confidence s’était déclenchée d’elle-même, un jeudi après-midi de décembre, après le traditionnel atelier de sexualité qu’animait l’éducatrice Gloria Ines Rodriguez Osorio.

Les autres filles observaient un silence religieux, empreint de respect. Le cours du récit était haché, entrecoupé et souvent interrompu, mais il régnait autour de la table la même atmosphère que lorsque des chœurs chantent à l’unisson.

C’était d’ailleurs la même chose chaque fois qu’une fille livrait le fond de son cœur.

Stimulée par cette attention sincère et par cette attitude respectueuse, Yoryineth poursuivit, les yeux baissés et la voix émue: «Notre père, on l’a retrouvé mort, couché sur le trottoir. Les gens passaient à côté et faisaient semblant de ne rien voir. Je ne sais pas combien de temps il est resté là.»

«Et notre mère, après avoir été très malade, fut transportée dans un hôpital. On ne l’a plus revue. Même pas le jour où l’on est venu nous apprendre sa mort.»

«On n’est d’ailleurs pas certaines qu’elle soit morte.» «Moi, en tout cas, je la cherche toujours.» Les mots couchés sur une feuille de papier ont certainement de la peine à traduire ce qui s’est passé ce jour-là. Mais lorsqu’elles eurent terminé de partager leur histoire, les deux sœurs, Yoryineth et Luisa, pleuraient doucement: «Et dans notre malheur, conclut la grande, nous avons encore de la chance d’être ensemble.»

Les autres filles essuyaient leurs larmes. Elles se sont embrassées. L’amitié chaleureuse, qui s’était transformée en compréhension fraternelle, opéra un autre petit miracle…

YORYINETH AVEC PAPA CHRISTIAN

PS: Yoryineth et Luisa vivent en Equateur.

Article paru dans la Gazette de Martigny du 18 août 2017 à télécharger ici (pdf).

1

Commentaires

Répondre

*