Fondation Moi pour Toit
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L’horreur qui défile
Par: Fondation Moi pour Toit
Dans:Presse
Le 18 Mai 2012

MOI POUR TOIT | Le centre d’urgences, nommé Louis-Ernest Fellay en l’honneur de l’ancien curé de Verbier, a déjà accueilli 5015 enfants depuis son ouverture en décembre 2005.

Une litanie. Un défilé. Un va-et-vient humain incessant, poignant, parfois décourageant mais toujours in dispensable.

UN SEUL CENTRE D’URGENCE

A Pereira, ville qui frôle le million d’habitants si on comptabilise la population de la voisine Dosquebradas uniquement séparée par un viaduc, un seul centre d’urgences est en fonction.

Celui de Moi pour toit ouvert en l’honneur de Louis-Ernest Fellay, grand ami de la fondation, et en faveur des enfants perdus, maltraités, violentés, drogués, abandonnés à eux-mêmes dans les rues de la cité. Ils ont à peine quelques jours de survie ou déjà quelques années d’errance. Et ils frappent à la porte de l’espoir ou de la protection nécessaire pour ne pas terminer son petit bout d’existence avec deux balles dans la peau ou un couteau dans le cœur. La police, souvent, sert de messager, de pont entre les trottoirs et le toit de la fondation.

DES FILLES ENCEINTES

Mais attention! Urgences ne signifie pas hôpital. Même si ce centre reçoit souvent des enfants très malades, des jeunes filles enceintes, des gosses cabossés au sens propre et défiguré. Y travaillent notamment une infirmière, une assistante sociale, des éducateurs, une psychologue. On y réécrit l’histoire de l’enfant, le pourquoi du comment de ce parcours tragique; on lui fait un bilan de santé physique et psychique; et Moi pour toit recherche alors le foyer idéal pour qu’il puisse reprendre goût à la vie, selon la problématique de chacun.

UN TÉTRAPLÉGIQUE DE 16 ANS

Pour le code des mineurs colombien, un enfant ne devrait pas rester plus de dix jours dans ce centre d’urgences. Le conditionnel est de rigueur. Moi pour toit a par exemple chouchouté pendant une année et demie un tétraplégique de 16 ans, retrouvée abandonnée sur un trottoir avec sa chaise! Tous les cas sont émouvants. Et l’ambiance chaleureuse qu’offre la fondation ne suffit pas à faire oublier les drames qui se lisent dans les yeux de ces gosses de tout âge, sans lien, sans famille ou avec des parents abuseurs, maltraitants, violents.

Litanie. Litanie récente. Cette jeune fille vendue par les siens à la guérilla et qui a osé déserter, devenant ainsi un objectif de guerre. Ou ce bébé de 2 mois, Yani Daiana, amené par le père dont la grande sœur de 2 ans mourut la veille dans le taxi qui l’emmenait à l’hôpital; famille de trois enfants en très bas âge, sales, sous-alimentés, malades des poumons et dont la maman n’a que 17 ans. Litanie. Défilé. Larmes et quelques rires après quelques jours. Le centre d’urgences de Moi pour toit est une urgence qui doit continuer. 24 heures sur 24.

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